Je suis née en France, issue de l'immigration Algérienne. Je bénéficie de cette chance qu'est la double nationalité. Je travaille sur les questions de l'intégration, de la prévention, de l'éducation, de la formation et du développement social par l'économie depuis 20ans sur la ville de St Denis.La création de l’Union des pays de la Méditerranée est une idée formidable. Cette démarche initiée par la France ne s’inscrit pas seulement dans l'histoire et la géopolitique. Elle est un outil de distanciation qui apparaît comme double en terme d'identité et d'intégration tant pour ceux qui sont nés en France et sont français que pour ceux qui sont résidents algériens en France.La coopération du développement à l'économique durable du Sud Méditerranée est très insuffisante voire inexistante. Mais cette nouvelle démarche devra permettre aux pays du Maghreb de devenir des acteurs économiques majeurs et non plus l’arrière cour de la France. Cette union doit ce faire sur un modèle réciproquement profitable (ex : traité de Rome 1957) et non sur le modèle de l’ALENA.
Si l’économie peut être portée par cette nouvelle règle, il est à parier que les avancées les plus importantes se feront dans nos cités. En effet, à l’heure où les débats sur les questions de l’identité et de l’intégration « à la Française » sont au centre de toutes les préoccupations de la République, il y a fort à parier qu’une revalorisation « des pays de la Méditerranéen » « à la traîne » ainsi qu’un sentiment de fierté et d’appartenance pourraient guérir bien des maux.
Quand un enfant de la deuxième ou troisième génération est encore considéré comme un étranger dans son propre pays et que parfois ce pays lui est inconnu, la question des origines se pose alors à lui. D’où viens-tu ? Et donc qui es tu ? La réponse parfois fait mal. Un pays du Maghreb qui pour beaucoup se résume à un taux de chômage élevé ou au mieux à une destination de vacances.Si la fierté nationale a très souvent conduit à des catastrophes et à des conflits, la fierté de dire ses origines, la fierté de ses racines rend plus fort.Et quel exemple pour nos jeunes, des pays considérés comme riches et moins riches avec des histoires et des guerres communes s’unissent pour mutuellement améliorer les conditions de vie de chacun. Cette nouvelle donne nous permettra donc de revoir un modèle d’intégration au sens plus large, comme nous l’avons fait pour les ressortissants de l’Union européenne.En somme, l’intégration sans la désintégration.
Hassiba Belabbas Sandré
lundi 19 mai 2008
L’UNION MEDITERRANEE
Publié par
Stanislas FRANCINA
à l'adresse
07:46